2017: Consécration ou nouvelle résolution?

Et si en cette fin d’année vous regardiez ce à quoi vous avez employé ces 12 derniers mois? À la dispersion, au stress, à la compétition, à la bienveillance, à l’amour, à la détente… à un peu tout ça ?

 

Nous passons souvent une bonne partie de notre vie à nourrir un état plutôt qu’un autre ; quel est l’état que vous avez le plus alimenté en 2016 ? Est-ce que cet état vous convient ? Vous fait-il du bien ? Vous enferme-t-il ? Vous pèse-t-il ? Souhaitez-vous tendre vers un autre état ? Comment faire en tel cas ?

 

Peut-être que l’inscrire dans votre psyché comme une boussole qui vous guide sur votre trajet pourrait vous y aider.

 

Qu’est-ce que la consécration ?

Étymologiquement, consécration et consacrer ont la même racine, et tous deux signifient « rendre sacré ».

 

Qu’est-ce qui est sacré à vos yeux ? Votre famille ? Vos amis ? Votre développement ? Votre créativité ? Votre travail ? La trace que vous voulez laisser ?… À quel(s) domaine(s) voulez-vous vous dédier pour l’année à venir ? Et surtout quelle(s) valeur(s), qualité(s) ou attitude(s) souhaitez-vous développer pour rendre ces domaines sacrés ?

 

La patience, la confiance, la générosité ? ... L’écoute, l'amour, la bienveillance ? ... La gratitude, la paix, la communication ? … 

 

Et si, vous décidiez de vous y consacrer, de le(s) rendre sacré, d’en faire votre consécration ? Ne serait-ce que pour une certaine durée ?

 

Le sacré dont je parle ici est laïque, il est en lien avec ce qui compte profondément pour vous… Quelle personne voulez-vous être vraiment ? Si vous ne le savez pas, peut-être pouvez regarder vos diverses attitudes face à la vie, aux autres et à vous-même : quelles sont celles qui favorisent la détente et le mieux-être et quelles sont celles qui créent trop de tensions (quand ce n’est pas de l’hyper-anxiété) vous empêchant dès lors de savourer les fruits que l’existence met à votre portée?

 

 

Consécration et nouvelle année

La consécration n’est pas synonyme de nouvelle résolution, mais plutôt de ligne directrice. Ainsi, je ne vais pas me consacrer à arrêter de fumer, mais je peux me consacrer à cultiver certaines qualités qui pourront avoir un impact favorable sur ma santé (telle que l’attention à ma respiration, l’accueil de mes émotions, la bienveillance envers moi-même…).

 

La consécration n’est pas une action que je cesse ou que je commence, mais plutôt un néon qui s’allume dans ma conscience quand je réalise ne plus être sur le chemin que j’ai choisi, un néon qui s’allume pour m’indiquer de revenir à celui-ci.

 

Ainsi, si je décide de me consacrer à la patience, cela ne veut pas dire que je m’engage à ne plus être impatient (comment pourrais-je m’engager à ne plus éprouver ce sentiment humain ?) mais que je m’engage à renouer avec la patience, chaque fois que je me surprendrai à être dans l’impatience.

 

Ancrer votre consécration

Parce que votre consécration est ce que vous avez décidé de rendre sacré, une fois trouvée, il peut être bon de l’inscrire dans le corps et même dans le social.

 

L’inscription dans le corps pourra se faire grâce à une danse durant laquelle vous ressentirez (autant que possible) la ou les qualités, valeurs ou attitudes sélectionnées.

 

L’inscription dans le social pourra se faire, quant à elle, en nommant devant témoin (une personne ou un groupe de confiance) votre consécration. Et si celle-ci est annuelle, pourquoi pas d’ailleurs l’inscrire dans un rituel, d’autant plus que le passage vers la nouvelle année est déjà un moment ritualisé ?

 

Exemple de rituel pour une consécration annuelle

main bougie doute
Crédit photo: Cathia Deharbe

La proposition qui suit peut être prise telle quelle, modifiée ou même laissée de côté, selon ce que vous souhaitez et la durée de ce à quoi vous allez vous consacrez. L’important étant que cela vous parle, vous enchante et vous ressemble.

 

Tout d’abord, prenez le temps de décider ce à quoi vous voulez vous consacrer et, éventuellement aussi, ce que vous ne souhaitez plus alimenter (notez cela sur un bout de papier). Puis, ouvrez le rituel en allumant une bougie, à côté de laquelle se trouvera une coupelle (prenez les précautions nécessaires pour éviter un incendie).

Une fois la bougie allumée, nommez ce que ne vous comptez plus nourrir, en brûlant (ou en déchirant) le papier dans la coupelle. Vient ensuite le moment d’énoncer ce à quoi vous allez vous consacrer.

 

Exemple : « Moi, Untel, je donne au feu le doute qui paralyse, l’exigence qui dévalorise et l’insatisfaction qui minimise » puis une fois le papier consumé par le feu : « Ma consécration pour l’année à venir est de nourrir la patience, la confiance et la bienveillance ».

 

Si ce rituel se fait à plusieurs, c’est tour à tour que les participants nommeront leur consécration dans le silence attentif et respectueux de chacun. Une fois toutes les consécrations énoncées, vous pouvez, si vous le souhaitez, clôturer le rituel par une célébration dansée…

 

Durée d’une consécration

Bien que j’en parle ici pour l’année à venir, une consécration peut durer le temps que vous déciderez : une année, un mois, une journée, une heure, une minute ou bien toute une vie.

 

Pour résumer ce qui vient d’être dit, se consacrer à quelque chose c’est opter pour une direction, une qualité, une attitude face à la vie... ce qui signifie de choisir de ne pas aller dans la direction opposée. Bien évidemment, cela ne vous empêchera pas, parfois, de vous y égarer mais grâce à votre consécration, vous reviendrez sans cesse, sur le chemin que vous vous êtes fixé.

 

Cathia Deharbe